Historique de Méras
Pour une fois, il s'agira d'archives."Méras" est là depuis fort longtemps.C'était jadis un hameau de 3 feux.
"La pelouse d'honneur" est en fait située sur l'emplacement d'une maison supplémentaire .
La plus ancienne trace que j'ai pu trouve de la maison, figure en page 47 du passsionant ouvrage de R.Rumeau "La Bastide de Sérou" achever d'imprimer sur les presses de l'imprimerie Christian LACOUR à Nîmes en Juin 1997 (Collection André SANCEZ). Je cite:
"Un nommé ALARD, accompagné de ses coreligionnaires protestants, s'était rendu à LA BASTIDE ou il voulait, disait-il, abolir la religion catholique et faire disparaître tous les insignés du culte. Un grand rassemblement s'était formé sous la porte de Foix; Il fallut le disperser par la force, car on aurait fait un mauvais parti aux réformateurs, dont les paroles furent acceuillies par de grands cris et de grandes huées, suivis de coups de pierre ( 6 nivôse de l'an II soit 26 Décembre 1793)"
Bref on s'injurie et se provoque à qui mieux-mieux. Trois jours après on décida de faire une enquète sur les agissements du citoyen ALARD.. En voici le résultat:
"Le citoyen ALAR, Commissaire civil, se serait rendu en la présente ville le 16 Frimaire ( 6 Décembre) dernier et auroit fait convoquer extraordinairement la Société Populaire dans l'église paroissiale et y auroit préché qu'il n'y avait ni enfer, ni purgatoire que les âmes décédées s'envolent dans les airs, qu'on n'aurait pas besoin de prêtres ni d'églises pour intermédiaires, que les prêtre étoient fananatiques et séducteurs, qu'ils se jouent de la crédulité des peuples pour faire leurs intérêts temporels ; que l'argenterie et vases sacrés étoient inutiles... Que cette doctrine si nouvelle dépleut tant aux habitats de ce canton, qui n'a jamais eu que le culte catholique, que tous les habitants le regardèrent, dès ce moment, comme un impie et un antéchrist, et qu'ils l'ont eu tellement en horreur, qu'ils n'ont pu entendre parler de luy qu'avec le plus grand déplaisir; vu que les habitants du canton, formant 12 communes, viennent à La Bastide pour assister aux offices, y faire leurs affaires et surtout boire bouteilles, ayant apppris l'arrivée du dit citoyen ALARD, se livrèrent tellement à leur imagination fougueuse qu'ils se réunirent d'eux mêmes sur ladite porte de Foix et devant l'auberge du citoyen Saint-Jean ou étoit le citoyen ALARD avec ses compagnons, et qu'ils crièrent au protestant: " ô toy qui voulait abolir le culte catholique et faire arracher les croix dans ce lieu, parois si tu l'oses ; " parmi lesquels habitants PaulRESPAUD, dit Courneil, voiturier; Jacques Régis, de la Bastide, et le nommé BISSOUIL, tisserand du lieu dit de MERAS, municipalité de NESCUS, étoient les plus ardents."
Le citoyen ALARD, voyant l'émeute si menaçante, pût s'esquiver, dit la délibération, qui recommandait à la clémence du citoyen PAGANEL, de Toulouse, " les coupables, plus dignes de pitié que de châtiments, à cause de leur ignorance et de leur rusticité " .
Dieu merçi, les catholiques de la Bastide vivent aujourd'hui en parfaite intelligence avec les protestats. J'ai d'ailleurs reçu avec beaucoup de plaisir le jeune pasteur Basque du Mas-d'Azil à la table de "Méras". Nous avons parlé cuisine Basque et ... theologie. Tout cela pour dire que "Méras" était bien là avant la révolution, et date avant "le Roi seizet" (Louis XVI) comme on dit à Toulouse. Mais on y tisse plus... que de belles histoires.
Olivier COURTHIADE, I er Semestre JANVIER 2011